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Adapter un document papier au Web

Adapter un document papier au web ne devrait se réduire à effectuer quelques « copier-coller » ou à produire un fichier PDF téléchargeable. Une adaptation web digne de ce nom impliquera plusieurs traitements : au niveau du style, au niveau de la structure, au niveau de la typographie, au niveau de l’illustration, au niveau de l’interactivité.

Sommaire de l’article :

1. Pièges classiques à éviter

Vous avez pour mission de mettre en ligne un document papier ?
Voici quatre réflexes à éviter :

Le « copier-coller » brutal

En injectant, les yeux fermés, tout le contenu d’un document papier dans une page web, vous avez de grandes chances de produire certaines insatisfactions : caractères soulignés non interactifs, références à une pagination désuète, pages kilométriques,… Prudence ! Certains logiciels de gestion de contenu vous promettent un passage totalement automatisé du papier vers le web. Ces logiciels prennent rarement en compte l’ergonomie éditoriale.

La transformation au format PDF

Très utilisé, le format PDF présente certains avantages : il est peu coûteux à produire et offre de bons résultats à l’impression. En revanche, certaines études d’ergonomie ont démontré que la lecture d’un document PDF reste fort peu conviviale. En moyenne, un document PDF est trois fois plus difficile à lire qu’une page HTML classique. Pour faciliter la lecture directe à l’écran, le format HTML reste donc largement préférable. Une bonne pratique peut être de résumer le contenu du document dans une page HTML, tout en proposant un lien vers le document complet, imprimable, au format PDF.

La navigation séquentielle, page par page

Il s’agit ici d’adopter un découpage hypertexte correspondant strictement au découpage du document papier. Avec un système de navigation hypertexte séquentielle, de type « page suivante », « page précédente »,… qui n’offre d’autre choix au visiteur que de télécharger les morceaux du document les uns après les autres. Cette manière d’organiser l’information, typique d’un document papier, ne convient pas du tout au web. Heureusement, une telle pratique, qui était très courante lors des premières générations de sites web, a tendance à tomber légitimement en désuétude.

La mise en ligne de fichiers numérisés

Autre pratique plutôt rare et certainement à déconseiller : la mise en ligne de fichiers numérisés, c’est-à-dire d’une version « scannée » du document. La lisibilité est souvent médiocre. A choisir, le format PDF (voir ci-dessus) est alors nettement préférable.

2. Adaptations à prendre en compte

À quoi faut-il faire attention lorsqu’on passe du papier vers le web ?

La typographie

Certaines polices de caractères, utilisées dans un document imprimé, ne seront pas disponibles chez le client web. Il faudra vous rabattre sur les polices de caractères universelles, telles que l’Arial, le Times New Roman ou le Verdana.

En termes de lecture à l’écran, contrairement aux imprimés, et particulièrement pour les petits caractères, ce sont les polices à bâtons qui se comportent le mieux. Pour votre corps de texte, vous choisirez donc l’Arial ou le Verdana, plutôt que le Times New Roman.

Beaucoup plus fondamental : le soulignement, sur Internet, est réservé aux hyperliens. Vous veillerez à supprimer le soulignement de tous les éléments textuels qui ne portent en eux aucune interactivité.

Les repères spatiaux

Évitez les repères spatiaux propres au support papier, soit textuels (« voir plus loin », « ci-dessous », « susmentionné », « à la page suivante ») soit hiérarchiques (chapitrage tel que I.a, II.a ou a), b), c),…). Ces repères sont étrangers à la navigation hypertextuelle. Pour les mêmes raisons, n’utilisez pas de notes de bas de page.

Les repères temporels

Davantage que le papier, Internet est un média qui s’inscrit dans la durée. Pour assurer la pérennité de votre contenu, utilisez des repères temporels absolus (« en décembre 2004 » plutôt que « le mois prochain »).

Les métadonnées

Pour être pleinement accessible, une page web doit s’entourer de métadonnées. Pensez donc à prévoir des balises TITLE, ALT, META,… contenant des mots clés représentatifs du document et susceptibles d’attirer les visiteurs par le biais des moteurs de recherche.

Le style

La lecture a l’écran est exigeante. Essayez d’être deux fois plus concis sur le web que dans votre document imprimé. Commencez par l’essentiel : la partie de l’information directement visible à l’écran (celle qui ne nécessite aucun « scrolling » pour être découverte) devrait contenir les données principales. Un petit résumé du document, en haut de page, constitue une excellente pratique. Veillez à recadrer l’information dans le contexte du site web. Aidez donc le lecteur (qui parfois arrive parachuté par un moteur de recherche) à saisir rapidement toute la portée du document.

La réexploitation des visuels

Récupérez, en priorité, les visuels à valeur informative (graphiques, illustrations,…). Retaillez les images en fonction du média et optimisez-les (sachant que les photographies imposantes alourdissent considérablement les temps de chargement).

L’architecture du document

En fonction du volume du document, vous opterez pour des solutions différentes :

› Si le document est court (entre 1.000 et 4.000 caractères), une simple page web fera l’affaire. Avec un titre, bien évidemment, et des paragraphes bien découpés. Concrètement, voici un exemple de page courte sur lequel vous pouvez vous baser.

› Si le document a une longueur moyenne (entre 4.000 et 10.000 caractères), accordez beaucoup d’attention à la mise en page et la navigation à l’intérieur du document. Un sommaire interactif (avec des « ancres » — hyperliens conduisant à des chapitres précis, dans la page elle-même) sera très utile. Des intertitres. Des séquences de mots en gras. Ces mises en relief aideront le lecteur à balayer efficacement la page. Concrètement, voici un exemple de page de longueur moyenne sur lequel vous pouvez vous baser.

› Si le document est long (plus de 10.000 caractères), il vous faudra impérativement le découper en plusieurs pages web. Vous créerez, dans ce cas, un système de navigation hypertexte, basé généralement sur la table des matières du document papier, mais pas obligatoirement. Les guides de l’AWT (Agence Wallonne des Télécommunications) constituent un exemple de document long bien découpé.

Il est tout à fait possible de combiner les deux systèmes de navigation : par exemple, chaque chapitre de premier niveau fera l’objet d’une page web distincte ; au sein de cette page web, les sous-chapitres seront accessibles via des ancres, au départ d’un sommaire en haut de page.

Selon le contexte, soit vous choisirez de publier le contenu du document comme un contenu homogène bien circonscrit (en faisant généralement référence à la version papier), soit vous pourrez décider d’intégrer étroitement tout ou partie du contenu de votre document au reste de votre site web, sans plus nécessairement faire référence à la version papier. Dans ce dernier cas, le document papier fournit la matière première qui est réinjectée dans le site web et remodelée selon les besoins de ce dernier.

3. Possibilités d’enrichissement

Vous avez adapté votre contenu à une lecture en ligne ? Fort bien. A présent, il est probable que vous puissiez enrichir le document, en exploitant pleinement les potentialités du média Internet.

Relier l’article à d’autres ressources

En reliant votre document à d’autres documents disponibles sur Internet (soit ailleurs sur votre propre site, soit sur un autre site web), vous rendez un grand service au lecteur, qui peut ainsi poursuivre ses recherches. Ce faisant, vous favorisez également votre référencement dans les moteurs de recherche (comme Google) qui considèrent positivement le fait d’être relié au reste de la toile.

Enrichir le contenu grâce au multimédia

Posez-vous donc la question de savoir si le son, l’animation ou l’interactivité ne peuvent pas venir renforcer votre contenu, améliorer sa compréhension, augmenter son attrait. Autant les animations multimédias (Flash, par exemple) peuvent s’avérer contre-productives lorsqu’elles échouent à produire du sens (les intros gratuites, par exemple), autant elles peuvent être percutantes lorsqu’il s’agit d’illustrer un mécanisme, un phénomène, une séquence temporelle, de rendre compte d’une ambiance sonore ou de développer une interactivité sophistiquée.

Doter l’article d’une couche d’interactivité

Plusieurs modes d’interaction peuvent être associés à un document. Cela va d’un simple formulaire de feedback à un forum de discussion, en passant par des formules de sondages en ligne, de transfert de l’article à un ami ou d’abonnement aux mises à jour. Au strict minimum, veillez à rendre interactives les adresses e-mail et internet qui figuraient dans votre document papier. Le lecteur verra comme un travail inabouti le fait de tomber sur des références web, sans que ces dernières n’aient été rendues interactives.

4. Pour en savoir plus

Durant nos formations à l’écriture web, ou à l’écriture pour l’intranet, nous effectuons des exercices d’adaptation au Web de documents papier. Le cas échéant, nous utilisons votre propre documentation.

 

Auteur : Jean–Marc Hardy