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Réconcilier les deux hémisphères de l’ergonomie

Source : Wikipedia - GNU Free Documentation

L’ergonomie comprend en elle deux objectifs quasi contradictoires :

1. Faciliter la tâche
2. Enrichir la tâche

Dans un cas, nous aurons tendance à simplifier les fonctionnalités.
Dans l’autre cas, à en ajouter.

Etes-vous plutôt Nielsen ou plutôt Cavazza ?

Certains ergonomes ont choisi de se concentrer en particulier sur l’un ou l’autre de ces deux objectifs (simplifier ou enrichir).

Un Jakob Nielsen agira plutôt comme quelqu’un de réactionnaire, insistant en permanence sur les obstacles rencontrés par les utilisateurs et diffusant des recommandations strictes sur les pratiques à adopter.

Un Fred Cavazza se passionnera davantage pour les interfaces riches, les nouveautés, les nouvelles potentialités.

L’un soulignera la lente évolution du comportement des utilisateurs en regard des innovations technologiques, en nous mettant en garde : « Attention! 82% des utilisateurs ne savent pas ce que veut dire le terme « RSS » !« . L’autre s’interrogera sur la manière de vulgariser les nouveaux concepts et envisagera l’avenir des applications internet. L’un focalisera sur le présent, l’autre sur le futur. L’un passera son temps à observer le comportement des utilisateurs, l’autre misera sur l’évolution de ces comportements.

Ma position ?

Nous avons tous en nous un Nielsen et un Cavazza, un cerveau gauche et un cerveau droit.

Les deux sont nécessaires.

Le cerveau gauche est le cerveau analytique et rationnel, celui qui nous rappelle les faits, celui qui mesure les risques ou les usages, celui qui organise, qui standardise, celui qui nous permet de rester réaliste. Le cerveau droit est le cerveau créatif, celui qui peut nous apporter de nouvelles visions, celui qui associe les idées pour en créer d’autres, celui qui rebondit.

Concrètement, si vous gérez un projet web, il vous faudra activer vos deux hémisphères (ou vous assurer que vous avez un Nielsen et un Cavazza dans votre équipe) :

1. Un minimum de créativité pour créer de la valeur ajoutée et un produit attractif.
2. Un minimum de réalisme pour garantir la faisabilité et l’utilisabilité.

Et vous, votre cerveau penche-t-il à gauche ou à droite ?

Quoiqu’il soit, optimisez vos interfaces.

Commentaires des lecteurs

  • Commentaire by Gautier Barrère — 26 novembre 2006

    Bonjour,

    Le sujet, entre « faciliter » ou « enrichir » la tâche amène à un débat passionnant.

    Il y a à mon sens quelque chose de très important à notifier.

    Premièrement, nous savons depuis longtemps que la pratique de l’ergonomie ne se limite pas à la notion de « Usability » défendue par Nielsen.

    L’ergonomie, ou l’étude du facteur humain, se formalise par la mise en place d’une démarche centrée utilisateur qui a plusieurs objectifs, et entre autre pour le web :

    – proposer des informations et services utiles (qui répondent à la tâche de l’utilisateur),

    – proposer ces informations et services de manière à ce qu’ils soient utilisables par l’internaute (« usability », qui se décline en plusieurs autres sous-critères).

    Ensuite, quand on dit « enrichir » la tâche, oui, mais à quel prix !

    La question n’est pas de se dire il faut enrichir la tâche mais surtout d’être conscient que c’est l’activité réelle de l’internaute qui doit guider cette enrichissement de la tâche.

    On voit d’ailleurs encore très souvent sur le web des sites qui proposent des services ultra poussés mais qui ne sont pas utilisés.

    La conception web ne doit donc pas être exclusivement basée sur l’une ou l’autre de ces composantes de qualité.

    Gautier

  • Commentaire by Matthieu — 27 novembre 2006

    Comme à l’accoutumée, des posts toujours aussi pédagogiques!

    Pour répondre à ta question: comme personne et entrepreneur, je penche du côté cerveau gauche, comme l’atteste le site web de Commonethic, http://www.commonethic.com, réalisé partiellement en flash avec le précieux concours de Julie, webdesigneuse.

    Mais comme e-consultant pour les projets web, je m’adapte aux désirs du client tout en le prévenant de manière la plus pédagogique possible des risques encourrus dans le cas d’un site trop « nielsenien » ou d’un site trop « cavazzesque ».

    Résultat des courses, on arrive parfois à ce que je pense être un équilibre entre cerveau droit et cerveau gauche, à travers un site web d’un client comme celui ci: http://www.idconcept.eu . Finalement, ce site n’est-t-il pas un juste milieu entre cerveau gauche et cerveau droit, d’un point de vue graphique, éditorial, ergonomique, bien adapté au client hifh-tech et à taille humaine à la fois?

    Non? 😉

  • Commentaire by jmh — 28 novembre 2006

    @Matthieu:

    C’est vrai qu’un bon site web reste un équilibre entre différents paramètres. Le site IDconcept réunit, je pense, plusieurs qualités : un graphisme professionnel et cohérent, une bonne ergonomie et des textes adaptés à l’écran. Pour être franc, il me semble qu’il y a encore une marge d’amélioration sur la manière de présenter les produits et services de façon simple et concrète. Les infographies aident, mais les concepts restent assez abstraits. C’est un vrai défi, j’en conviens, de vulgariser un domaine aussi spécialisé.

    Dans mon billet, je me suis permis d’être assez caricatural. Nielsen est capable, lorsqu’il le veut bien, d’adopter des visions prospectives. Quant à Cavazza, son enthousiasme pour la nouveauté ne lui a certainement pas ôté tout son sens du réalisme. Les deux hommes marquent cependant deux tendances.

  • Commentaire by Matthieu — 30 novembre 2006

    @ Jean-Marc: En ce qui concerne le contenu rédactionnel du site idconcept, tu mets l’accent fort justement sur une des « problématiques » constantes dans ce type de projet sur le positionnement du consultant/concepteur/rédacteur. Eu égard à la situation client, j’ai adopté une posture davantage accompagnatrice d’un point de vue rédactionnel que créative. Si le résultat n’est pas à 100% optimal d’un point de vue du lecteur lambda, de la cible visée par le message, ou même du professionnel du rédactionnel, il est de mon point de vue « accompagnant » 150% optimal, car ce rédactionnel a été produit en première intention par le client, qui disposait par le passé de son propre site web fait maison, avec le rédactionnel qui allait avec. Et le passage de l’un à l’autre est déjà un tel bon de géant, que ce soit pour le client ou l’usager, qu’on ne peut que s’en satisfaire… 😉

  • Commentaire by jmh — 30 novembre 2006

    @Matthieu:

    C’est clair. On ne peut pas faire abstraction du contexte client. Le mieux est l’ennemi du bien. A vouloir imposer un saut trop grand, on peut en venir à paralyser son client. Donc j’entends bien ton argument.

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