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11 caractères pour se faire entendre

S’il y a bien une chose frappante et récurrente dans le comportement de lecture sur le Web, c’est cette tendance à ne pas lire l’entièreté des énoncés, mais seulement leur amorce.

L’année dernière, j’avais participé à un test “eye tracking” (enregistrement du parcours de l’oeil) qui portait sur la page d’accueil d’un gros intranet. Le résultat était éloquent : les participants au test, qui étaient placés dans une situation de recherche d’information, ne portaient leur regard que sur les tout premiers mots des gros titres dans la page.

Ci-dessous, nous avions éclairé les zones de l’écran vues par les participants (au nombre de 5 ou 6) lors des dix premières secondes.

Le message est clair : les premiers mots des titres attirent prioritairement l’attention.

Jakob Nielsen a publié un article sur le sujet : “First 2 Words: A Signal for the Scanning Eye”.

Sur base des nombreux tests qu’il a déjà menés, le spécialiste américain estime à plus ou moins 11 caractères le seuil pivot au-delà duquel les utilisateurs décrochent, lorsqu’ils sont en phase de découverte et d’exploration du contenu (“scanning”). Ce qui correspond globalement aux deux premiers mots, voire un seul mot lorsqu’il est long.

Cette observation est valable pour des situations éditoriales multiples, telles que :

  • Les titres
  • Les listes de liens
  • Les sommaires

Se basant sur le seuil approximatif de 11 caractères, Jakob Nielsen s’est amusé à présenter des liens tronqués à un certain nombre d’utilisateurs. Seuls les 11 premiers caractères apparaissaient. Les participants devaient essayer de deviner la nature du contenu sur base du début du lien uniquement, comme cela se produit vraisemblablement dans la réalité d’une lecture en ligne.

En fonction de la manière dont les liens sont rédigés, l’impact est évidemment très différent. Certains liens atteignaient un taux de prédictibilité de 85%, tandis que d’autres s’avéraient complètement opaques.

Il est conseillé de commencer un titre par les mots les plus concrets et les plus évocateurs du sujet…

J’aurais pu titrer ce billet “A propos de l’impact des premiers mots d’un titre”, mais je me serais dilué.

En titrant “11 caractères pour se faire entendre”, je rentre plus vite dans le vif du sujet.

Gérez votre contenu sur la toile de main de maître, nous vous y aidons !

Commentaires des lecteurs

  • Comment by Christophe — 3 June 2009

    Très intéressant en ce qui concerne la lecture web. Cela confirme, en le précisant de manière chiffrée, ce que nous savions déjà.
    Est-ce que cela pourrait s’appliquer à l’écrit ?
    En d’autres termes, est-ce que les habitudes de la lecture web influencent la lecture sur papier ?

  • Comment by Gromit — 4 June 2009

    pour la lecture sur papier il est prouvé qu’au delà de 2 lignes, le lecteur lâche prise (et quelle que soit la longueur de ces lignes).
    Instructif non ?
    La lecture est plus linéaire…mais l’attention se relâche aussi vite si le sens n’est pas au rendez vous !

  • Comment by Martin — 4 June 2009

    Trouver un titre est tout un art, et essayer de l’optimiser au mieux dans un premier temps pour les moteurs de recherche c’est bien, mais l’optimiser ensuite pour l’utilisateur c’est effectivement mieux…

    Mais ces techniques sont parfois contradictoires et trouver le titre idéal devient un exercice bien compliqué. Sans compter l’envie de faire un "beau titre", ou un jeu de mot sympa…

  • Comment by Blaise — 4 June 2009

    Il semblerait aussi que le regard se focalise surtout sur les caractères les plus gros non?

    D’où l’importance de hiérarchiser le contenu web avec des titres et sous-titres performants…

  • Comment by Marina Aubert — 4 June 2009

    Jean-Marc, penses-tu que ce genre de statistiques pourraient changer en fonction de la langue?

  • Comment by MagicYoyo — 5 June 2009

    Au delà de la visibilité des titres eux-mêmes (de leur taille de caractère…), je crois que le lecteur identifie aussi les zones de la page.
    Le titrage n’est pas la seule structure d’une page web. Le zonage de la page explique aussi ces résultats.

  • Comment by jmh — 10 June 2009

    @ Blaise : Oui, la taille des caractères (et celle des images aussi d’ailleurs) influence le taux d’attention qui leur est portée. Effectivement, il est recommandé de bien marquer la hiérarchie de titres par des contrastes typographiques suffisamment évidents.

    @ Marina : Je n’ai pas beaucoup de données sur les variations de comportements en fonction de la langue. Si ce n’est une petite expérience de versions arabes, sur le site de l’UNESCO, où la logique de la page est très semblable mais en miroir (sens de lecture de droite à gauche). Le logo en haut à droite et le moteur de recherche en haut à gauche, par exemple, sur Aljazeera en version arabe : http://www.aljazeera.net/Portal.

  • Comment by analas — 19 June 2009

    Je suis perplexe sur ce test. La feuille présente une certaine structure qui, si on applique la règle du F en lecture met en avant les titres. A cela, le visiteur va s’attacher inconsciemment aux blocs qu’il va construire de part les espaces qui séparent les éléments.
    Si le titre peu effectivement avoir un impact, je me demande si ici ce n’est pas uniquement lié à la disposition même de la page. Qu’en pensez-vous ?

  • Comment by jmh — 22 June 2009

    @ analas:

    Je pense que beaucoup d’éléments rentrent en ligne de compte… taille des caractères, contrastes, espaces vides,… et certainement la disposition de la page, c’est clair. Mais les titres (et le début des titres en particulier) restent un élément d’accroche majeur, en règle générale.

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