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RTBF.BE : 20 arrêts sur image

J’ai eu le plaisir de collaborer quelques fois avec les équipes du site web ARTE TV, je reste attentif à l’évolution des sites de CNN et de la BBC, et nous avons donné une formation écrire pour le web auprès des Télés Locales de Belgique et Luxembourg. A l’heure de l’annonce de Google TV, j’étais donc curieux de voir comment se portait le site web de notre radio-télévision publique nationale francophone, la RTBF.

Mon billet précédent, basé sur peu d’éléments, m’a donné envie d’aller un cran plus loin.

J’ai eu le plaisir de collaborer quelques fois avec les équipes du site web ARTE TV, je reste attentif à l’évolution des sites de CNN et de la BBC, et je donnerai prochainement une formation écrire pour le web auprès des Télés Locales de Belgique et Luxembourg. A l’heure de l’annonce de Google TV, j’étais donc curieux de voir comment se portait le site web de notre radio-télévision publique nationale francophone, la RTBF.

A la racine du site, vous tombez sur une “splash page“, qui joue une double fonction : l’affichage de publicités et un début de navigation. Je trouve l’esthétique de la page et son équilibre graphique assez faibles pour une page d’une telle visibilité. Mais les goûts et les couleurs demeurent toujours un peu subjectifs. Du point de vue fonctionnel, je trouve intéressant d’avoir tenté le mélange publicité / entrées de navigation. Précédemment, on avait plutôt tendance à afficher en avant-plan une grande publicité, perçue comme invasive et facile à zapper. La formule actuelle me semble plus douce. Le visiteur a tout de suite l’impression d’être “dans le site”, même si ce n’est qu’un début de site. Alors qu’auparavant, la publicité s’imposait comme un péage, retardant l’accès au site web proprement dit. De plus, la RTBF se permet d’afficher deux publicités plutôt qu’une, sans donner l’impression d’être sur une page 100% publicitaire. Donc, c’est peut-être une stratégie intelligente. Mais tout cela demanderait à être vérifié objectivement (et la RTBF l’a peut-être déjà fait… Y a-t-il un Community Manager dans la salle ? Damien ?). Quelle formule assure quel rendement publicitaire, quels revenus pour la RTBF et quelle expérience utilisateur ? Sachant que nous visons un équilibre entre la viabilité de l’entreprise publique et la qualité de l’expérience des visiteurs.

Arrêt sur image n°1 : la splash page.

En un coup d’oeil, il est possible de voir les principales émissions de la soirée. La RTBF a résisté ici à la tentation de tout afficher. Seules les émissions principales apparaissent, et un lien permet d’obtenir un programme plus complet, à l’échelle de la semaine.

L’air de rien, cette façon de présenter les choses est bien pensée. Certaines chaînes de télévision, comme ARTE TV négligent d’afficher sur leur site web, de manière simple et limpide, le programme de la soirée. Résister à l’exhaustivité (n’afficher que les émissions principales, et pas les intermèdes ou émissions récurrentes comme le journal télévisé) est un bon réflexe.

Arrêt sur image n°2 : le panorama des émissions de la soirée.

Un carrousel de bandes annonces est proposé, avec défilement horizontal. Ce type de format est assez en vogue, particulièrement dans les sites médias, mais j’en ai déjà vu des versions plus fluides. Ici, l’utilisation de la barre de défilement horizontal ou des petites flèches n’est pas des plus réactives. Cela fonctionne, pas de souci, mais avec comme un sentiment de grain dans la mécanique. Ce type de format exige, techniquement parlant, une extrême réactivité et une extrême fluidité pour pouvoir être pleinement apprécié. Peut-être un point à examiner lors d’un test utilisateur, afin de vérifier si mon sentiment est partagé par d’autres utilisateurs et s’ils rencontrent des résistances à parcourir ce carrousel.

Autrement, la qualité des accroches me semble très bonne : rapides à charger et, surtout, accrocheuses dans leur conception et rythmées dans leur montage. Le téléspectateur internaute rentre tout de suite dans le vif du sujet.

Notez qu’à certains endroits, un second carrousel défile, lui, automatiquement, à un rythme assez nerveux. Je pense que ce choix n’est pas bon. Il y a concurrence entre les deux carrousels et surcharge.

Arrêt sur image n°3 : le carrousel des émissions à venir.

L’émission en cours est affiché dans l’espace d’un bandeau en haut de page, mais de manière assez perdue, je trouve. Typographiquement parlant, il y a comme un truc qui flotte. Aucun lien ne mène vers les détails de l’émission. Je conseillerais d’affiner cet élément visuellement et fonctionnellement.

Arrêt sur image n°4 : l'émission en cours.

De nombreuses vidéos et émissions récemment diffusées sont désormais accessibles. Les temps de chargement sont très acceptables compte tenu de la qualité des vidéos. C’est tout de même important, non, pour une télévision ?

Ainsi les usages peuvent évoluer. Moi qui ne regarde quasiment jamais la télévision à la base, je me mets à visionner certaines émissions, en dehors de leur plage horaire officielle. Par exemple, le matin, j’ai pris l’habitude de regarder Les Niouzz, sur iPad, avec mes enfants. Cette formule intermédiaire entre la radio (sans image) et la télévision (trop présente à mon goût) nous permet de nous attabler et de discuter autour d’un support intéressant, sans perdre en convivialité. La diffusion asynchrone et mobile des émissions permet d’autres usages.

Arrêt sur image n°5 : La qualité des vidéos.

Le menu de navigation principal est relativement efficace.

Il l’est parce que les entrées sont en nombre limité, les sous-menus s’affichent aisément au passage de la souris et les intitulés sont compréhensibles (là où certaines chaînes produisent leur propre jargon télévisuel).

Il l’est moins parce que certaines rubriques peuvent paraître redondantes ou imbriquées :

  • Quelle différence entre “TV” et “Vidéo” du point de vue utilisateur ?
  • Une rubrique “Info”, d’accord… mais l’info est partout, non ?
  • Des rubriques “Sport” et “Culture”, d’accord… mais cela veut-il dire que le “sport” et la “culture” ne sont pas traités ailleurs dans le site, dans les rubriques “Info”, “TV” ou “Radio”, par exemple ?

Un petit conseil simple à appliquer qui résoudrait, à mon avis, une bonne partie de ces questions : introduire une démarcation visuelle entre les rubriques “Info”, “Sports”, “Culture” et “Régions” (je les placerais dans cet ordre) et les rubriques “TV”, “Radio” et “Vidéo”, de manière à séparer les entrées “thématiques” des entrées “supports”. Vous sentez les choses comme moi ?

Arrêt sur image n°6 : Le menu thématique.

La RTBF a également donné une touche humaine au site web, en faisant apparaître les visages des journalistes, qui disposent de leur propres chroniques.

Du point de vue du visiteur, cela crée un paysage convivial et une reconnaissance des personnalités qui apparaissent à l’écran.

Du point de vue de l’institution, cela permet d’impliquer les journalistes dans le site web, à travers une action plus personnelle, plus interactive, plus suivie. Les journalistes deviennent des chroniqueurs permanents, au-delà des émissions ponctuelles qu’ils animent.

Arrêt sur image n°7 : Un site web à visage humain.

L’accès aux services transversaux a été résolu par la création d’icônes visuelles, plutôt parlantes et plutôt efficaces me semble-t-il : le Lotto, la météo, la boutique, l’info trafic, etc.

Arrêt sur image n°8 : Des icônes originales.

Le moteur de recherche constitue une autre façon d’accéder aux contenus de la chaîne. La RTBF a fait le choix d’utiliser Google comme moteur de recherche interne. C’est une stratégie que je conseille souvent aux entreprises, tant il est vrai qu’à chaque test utilisateur, les gens réclament du “Google”. C’est leur référence.

Cependant, quelques coups de sonde m’ont convaincu de la nécessité d’optimiser la recherche par mot clé sur le site de la RTBF. Car les résultats manquent de clarté et de pertinence. En particulier, les titres de documents ne sont pas toujours très parlants ni suffisamment contextualisés. La date des émissions et des contenus, information cruciale en phase de recherche, n’est pas traitée ni affichée de manière suffisamment consistante.

“Dimanche 29 Novembre”… s’agit-il d’une émission d’archive ou d’une émission à venir ?

Autre point potentiellement délicat : l’affichage de publicités Google (“Hottest Bar”, dans cet exemple).

Arrêt sur image n°9 : La recherche par mot clé.

A l’intérieur des sections thématiques, il est possible d’effectuer une recherche ciblée. Uniquement dans la partie “Culture” du site, par exemple. Ce qui limite potentiellement le “bruit” dans les résultats.

Arrêt sur image n°10 : La recherche délimitée à une thématique.

Mais ici, la présentation des résultats laisse franchement à désirer :

  • Espaces perdus (à tel point qu’on pourrait penser qu’il y a un dysfonctionnement quelque part)
  • Pertinence des résultats très moyenne
  • Description du document peu efficace (les tags ne sont pas une réponse)
  • Pas d’annonce du nombre de résultats
  • Pas de mise en évidence des termes recherchés

Arrêt sur image n°11 : La présentation des résultats de recherche.

Certaines accroches manquent de consistance. Pour les concours, par exemple.

“Les Grecs au théâtre des M…” ?!? Est-ce une accroche digne de ce nom ? En quoi évoque-t-elle un concours ? Le texte, tronqué, perd tout son sens. Il peut même, dans le cas présent, être mal interprété. Presque comme une insulte éludée.

“Spectacle qui se joue en deux parties les…” ?!? La suite était plus intéressante, non ?… Les 25 septembre et 2 octobre.

Arrêt sur image n°12 : Les accroches de concours.

A certains endroits, en passant la souris sur une petite icône “!“, un complément d’explication s’affiche dans une petite fenêtre en avant-plan.

Je reste très partagé par rapport à ce type de solution. Tout d’abord parce qu’elle échappe facilement à l’attention des utilisateurs. Ensuite parce que le texte y figure très petit et inconfortablement disposé. Je recommande de rechercher un meilleur format.

Arrêt sur image n°13 : Les descriptifs au survol de la souris.

Le nouveau site de la RTBF s’est équipé de plusieurs fonctions sociales et virales. La possibilité d’envoyer la référence de l’article à un ami. L’incontournable “J’aime” qui s’exporte sur Facebook (où réside un Belge sur trois). La possibilité d’évaluer subjectivement la qualité de chaque article (par un système d’étoiles assez intuitif et devenu presqu’un standard). Et plus encore.

Arrêt sur image n°14 : Les fonctions sociales et virales.

Les fonctions de participation que je viens d’évoquer sont ensuite prises en compte pour mettre en avant, à certains endroits, les contenus les plus populaires. A savoir les contenus les plus vus et les mieux évalués.

Arrêt sur image n°15 : L'accès au contenu par popularité.

En revanche, les commentaires, au bas des articles, ne sont pas nombreux, et je n’ai pas compris comment faire pour les poster.

Autrement dit, cette forme d’interaction la plus élémentaire et la plus ouverte que constituent les commentaires n’est pas très évidente sur le site de la RTBF.

Certaines chaînes parviennent à générer bien davantage de réactions. 113 commentaires, par exemple, sur cet article publié il y a 29 minutes sur France 2. Dont certaines interventions factuelles du journaliste modérateur.

Les forums et commentaires, même s’ils ne volent pas toujours très haut (disons qu’il y a à boire et à manger), contribuent à fidéliser le public autour de la chaîne.

Arrêt sur image n°16 : Les commentaires.

Les dossiers, comme pour le moment le dossier autour de la formation du nouveau gouvernement suite aux élections, méritent beaucoup d’améliorations.

Ces dossiers apparaissent comme des puzzles, rassemblant, dans une page assez éclatée, différents articles autour d’un thème commun.

La RTBF pourrait considérablement améliorer la forme de tels dossiers, potentiellement très fréquentés.

Je conseille notamment de :

  • Mieux différencier les articles d’actualité et les articles de “background” et mise en perspective, à détacher du reste.
  • Proposer des points de vue chronologiques (lignes du temps), géographiques (cartes interactives), personnifiés (interviews, profils des acteurs), infographiques (chiffres clés), etc.
  • Amorcer le dossier par une brève mise en contexte.

Bien entendu, cela implique un certain investissement et un effort de suivi. Mais sur quelques thèmes phares qui font l’actualité, cela peut s’avérer extrêmement bénéfique.

Arrêt sur image n°17 : Les dossiers.

Le formulaire de contact me paraît assez aride et assez administratif.

Il me semble que l’on pourrait favoriser, en les rendant plus immédiates et plus conviviales, certaines possibilités d’interaction avec le public. Par exemple les critiques et suggestions pour chacune des émissions.

Arrêt sur image n°18 : Les possibilités d'entrer en contact avec la RTBF.

L’espace de “télévision interactive” permet de voir et revoir des émissions et reportages, à la carte.

Le service est intéressant, mais je continue de penser que le terme est usurpé… la vraie télévision interactive, c’est celle avec laquelle on interagit ! Et sur ce terrain, les possibles restent multiples. La télévision reste, à peu de chose près, dans sa forme actuelle, un média de diffusion unilatérale. A quand la télévision 2.0 ? Celle dont le contenu dépendra d’interactions étroites et réelles avec les utilisateurs.

Arrêt sur image n°19 : La télévision dite interactive.

Terminons par une initiative complètement décalée et complètement “web” : la publication d’un faux flux Facebook, animé par nos acteurs politiques favoris.

Original, non ?

Arrêt sur image n°20 : L'actualité décalée.

Ma conclusion : le site web de la RTBF a considérablement évolué, mais il reste des chantiers importants.

D’autres avis ?

Commentaires des lecteurs

  • Comment by Damien Van Achter — 24 September 2010

    Merci Jean-Marc

    C’est très intéressant parce que, le nez dans le guidon, il n’est pas toujours facile d’avoir le recul. Voilà en tout cas de toutes bonnes réflexions que je me ferai un plaisir de relayer en interne auprès de nos portail manager et des équipes techniques.

    Au plaisir éventuellement aussi de te les faire rencontrer (why not ?)

    bien à toi,
    damien

  • Comment by Pierre — 24 September 2010

    Bonjour,

    C’est toujours intéressant d’avoir un point de vue extérieur sur nos sites.

    Merci d’avoir pris du temps pour réaliser cette analyse.

    Pierre Bonte, RTBF

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