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Cela n’a l’air de rien, mais…

 

Il y a des pages criantes d’épuration… et ça marche ! Google en est un bel exemple, notamment avec sa page gmail.

1. La concision
En 250 caractères, Google vend son service de messagerie. Pour le même prix, le rédacteur aurait pu pondre 2000 caractères. Notez que dans ma prise d’écran, j’ai volontairement rogné un morceau du texte d’introduction, à mon sens inutile. On peut donc toujours aller plus loin.

2. Les arguments
Trois arguments majeurs ont été mis en avant : l’espace de stockage, la lutte contre le SPAM et l’accès mobile. Il est évident que d’autres caractéristiques auraient pu être communiquées. On aurait pu étaler la liste complète des fonctionnalités. Mais l’exhaustivité est un piège et Google a choisi de limiter son argumentaire aux aspects les plus concurrentiels. Il y a fort à parier que certains chefs de projet chez Google ont dû être frustrés de ne pas voir apparaître « leur » fonctionnalité. Mais un bon management de l’information oblige à effectuer des choix cruels pour préserver la force de frappe et l’utilisabilité d’une communication.

3. Les pictogrammes
Chaque argument a été incarné par un pictogramme. Ces visuels produits sur mesure rendent la page agréable, sympathique et originale. Ils en renforcent surtout la structure et permettent au visiteur de balayer le contenu très efficacement. Une communication concise, structurée et illustrée gagne en immédiateté. Le taux de décrochage doit être très faible. Dès l’atterrissage sur la page, le message passe instantanément, comme une piqûre qu’on ne sent pas venir. L’énergie-lecteur est minimale. Notez qu’il est judicieux de contrôler la quantité de texte associée à chaque élément visuel. Dans ce cas-ci : un argument apparaît en gras, et une ligne supplémentaire, dégraissée, vient nourrir cet argument avec des détails factuels. De manière systématique.

4. Le contenu dynamique
Petit détail très « web » : le chiffre communiqué à propos de l’espace serveur est mis à jour dynamiquement, en temps réel. Cet effet de compteur, suffisamment sobre heureusement pour ne pas détricoter l’ensemble, accentue encore l’accroche lecteur, démontre le savoir-faire de Google et transmet, en ligne de fond, l’idée que le service reste en croissance permanente, signe de succès.

5. La possibilité d’en savoir plus
Le corollaire d’une page concise, c’est la nécessité de proposer un lien pour en savoir plus. Sur ce point, j’ai une critique à formuler : un lien est associé au troisième argument uniquement. Je préférerais, soit un lien en regard de chaque argument, soit un lien général, détaché de tout argument spécifique. Le lecteur risque d’être gêné par une certaine asymétrie dans le prolongement hypertexte de cet argumentaire.

Morale de l’histoire ?

Une page simple n’est pas le fruit du hasard.

Une page simple résulte d’un véritable management de l’information, d’une réflexion sur mesure, graphique, marketing, rédactionnelle, ainsi que d’une épuration douloureuse mais bénéfique.

Derrière une page simple, il y a beaucoup de travail.

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Commentaires des lecteurs

  • Comment by Eve — 5 May 2011

    En effet, et c’est toute la difficulté de la rédaction web : choisir et donner à voir la bonne information.

  • Comment by Hébergeur Internet — 17 May 2011

    En effet, c’est tout un art de savoir rédiger des contenus percutant et de les intégrer dans un design attrayant. C’est d’ailleurs pour cela que les métiers du web sont splittés en plusieurs "sous-métiers".

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