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Evitez la pagination

Depuis la préhistoire du Web, nous savons que le morcellement arbitraire du contenu nuit à l’expérience de lecture.

La navigation en mode “next page” / “previous page” est héritée des vieux grimoires et s’avère complètement inefficace sur le web.

Idem pour la pagination numérotée : “page 1“, “page 2“,… complètement étrangère à la physique du web.

Sous prétexte de vouloir faire tenir la page en un écran (mais quel écran ?), certains hachent le contenu en une viande indigeste.

La première chose que font les lecteurs en arrivant sur une page web, c’est utiliser l’ascenseur vers le bas afin de prendre connaissance de la géographie de la page.

Bien entendu, les ergonomes identifient quelques exceptions où les visiteurs restent calés avec des yeux de merlan frit sur le premier écran.

Bien entendu, la partie haute (celle située au-dessus de la ligne de flottaison) garde toute son importance pour inciter les lecteurs à plonger dans les profondeurs de la page. Et, au cours de mes formations sur les techniques d’écriture pour le web, j’aborde les bonnes et mauvaises pratiques éditoriales en matière de maîtrise du haut de page.

Bien entendu, il existe des exceptions comme certains catalogues, ou comme la présentation des résultats d’un moteur de recherche.

Mais paginer du contenu web reste souvent générateur d’une mauvaise expérience. C’est Google qui le dit aujourd’hui : les utilisateurs préfèrent les pages “tout-en-un”.

Source : Official Google Webmaster Central Blog

Atterrir sur un morceau de document, hors contexte, est rarement l’expérience rêvée à l’issue d’une recherche. Google adopte comme attitude de rediriger les chercheurs d’information, si possible, vers la page “mère”.

Sur Internet, l’idéal reste de créer des pages produisant du sens même hors contexte et prises isolément. De construire un découpage thématique et non mathématique.

Cependant, Google reste souple et propose deux solutions dans le cas où vous décidez d’adopter malgré tout la pagination (parfois pour des raisons publicitaires) :

  • Soit vous aidez Google à trouver la page-mère, à l’aide de l’instruction rel=”canonical”.
  • Soit vous pouvez demander à Google de privilégier votre segmentation, et l’y aider grâce aux instructions rel=”next” and rel=”prev”, reliant vos morceaux.

Consultez le blog officiel de Google (en Anglais) pour plus de détails.

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Commentaires des lecteurs

  • Comment by ThomasF — 4 October 2011

    Comme vous le dites, concevoir des pages qui constituent à la fois un "tout" (contexte explicite, lecture compréhensible) et "une partie du tout" plus global que constitue le site dans son ensemble (navigation globale, liens contextuels) est l’enjeu pour satisfaire les lecteurs comme pour le référencement.

  • Comment by Sylvain — 4 October 2011

    Souvent en phase avec vos articles et les principes d’ergonomie mis en avant sur ce blog, je le suis moins aujourd’hui. Je décèle notamment un peu de mauvaise foi avec l’exemple cité.

    Forcément, le morcellement tel que montré ne peut qu’aboutir à une mauvaise expérience utilisateur.
    Mais il ne constitue qu’un cas particulier – à priori vraiment maladroit – à partir duquel il me semble difficile (et même un peu péremptoire) de déduire que la pagination est « mauvaise pour les lecteurs, mauvaise pour les moteurs » de façon générale, comme le laisse entendre le titre de l’article.

    De nombreux sites fonctionnent très bien avec une pagination et ne semblent pas s’en porter plus mal, Google en tête. En tout cas, je suis le premier à signer pour avoir leur trafic, quelle que soit le ressenti des utilisateurs.
    Quand un internaute effectue une recherche sur un site (moteur de recherche, boutique en ligne, catalogue au sens très très très large) la mauvaise expérience ne vient pas du fait qu’il y ait ou non de la pagination. Elle provient surtout, je pense, de la difficulté (ou pas) à pouvoir filtrer / trier les réponses pour aboutir à une sélection – restreinte – qui correspond vraiment à la recherche initiale.
    De plus, je pense que l’expérience utilisateur est plus mauvaise quand on dit à un internaute qu’on a 1000 « choses » à lui proposer et qu’on ne lui en présente que 50 sous prétexte de ne pas mettre en place une pagination. C’est quelque chose de plus difficile à appréhender.
    Souvent, même s’il ne l’utilise jamais, la pagination « rassure » l’internaute, elle rend concret le choix qu’il peut avoir et l’idée qu’il y a nécessairement la réponse à ce qu’il cherche. Ce qui donc améliore au contraire son expérience.

    Après, pour ce qui est du SEO, les outils existent, la gestion de la pagination reste souvent une question de bon sens. Même si, en la matière, je ne crois pas qu’il y ait une seule bonne façon de faire.
    Les exemples de mise en place avec succès d’une pagination sont nombreux et surtout très variés.

    En conclusion, il aurait peut-être été plus « honnête » de limiter la portée de l’affirmation que la pagination est mauvaise. Elle l’est certainement dans certains cas, mais pas toujours.

  • Comment by jmh — 4 October 2011

    @ ThomasF : Oui, tout à fait, je crois que votre formule résume bien le challenge de la page web, entité isolée et reliée.

  • Comment by jmh — 4 October 2011

    @ Sylvain : A vous lire, je me demande si mon titre n’a pas provoqué une incompréhension : quand je dis "mauvais pour les moteurs", je ne veux pas dire que la pagination des résultats d’un moteur de recherche, comme Google ou Bing, est mauvaise. Il est évident qu’à mes yeux, ces outils constituent des exceptions à la règle. En revanche, la pagination arbitraire (c’est bien le terme que j’ai utilisé, c’est-à-dire la pagination sur une base volumétrique et non sémantique) d’un article éditorial qui forme un tout est la plupart du temps une fort mauvaise idée. L’exemple que je reprends n’est autre que celui de Google lui-même. Y voir de la malhonnêteté me semble un petit peu fort. Mais je respecte votre point de vue. Ce qui est vrai, c’est que chaque bonne ou mauvaise pratique s’accompagne d’exceptions à la règle.

  • Comment by Sylvain — 5 October 2011

    Je vous rassure, je ne voyais pas du tout de malhonnêteté dans vos propos. C’est bien pour en atténuer la porté que j’ai utilisé des guillemets. Il est évident que cela va bien au-delà de ma pensée mais j’avoue avoir manqué un peu de vocabulaire au moment de rédiger ma réponse 🙂
    Celle-ci n’avait pour but que de mettre en avant ce qui me semble juste être un manque de nuance quant aux problématiques liées à la pagination sur les sites web.

  • Comment by jmh — 8 October 2011

    @ Sylvain : Oui, c’est vrai que mon titre est un peu manichéen. A force de vouloir être didactique ou percutant, on prend vite le risque de gommer les nuances, c’est vrai. Merci en tout cas pour cet échange.

  • Comment by C3M — 8 October 2011

    Est ce valable pour un blog ?

  • Comment by jmh — 11 October 2011

    @C3M : Vous faites bien d’envisager les situations au cas par cas. La plupart des blogs, à ma connaissance, sont constitués de billets "tout-en-un", archivés de manière chronologique et, souvent aussi, thématique. Vous en connaissez qui paginent les billets?

  • Comment by C3M — 15 October 2011

    Non justement. D’autant qu’un blog est complètement différent d’un site e-commerce par exemple, de nombreuses pages vont apparaitre puis être loin dans l’arborescence.
    Que conseillez vous ?

  • Comment by jmh — 18 October 2011

    @ C3M : Tout à fait exact. Dans un blog, les articles anciens risque de se retrouver noyés et oubliés, alors qu’ils gardent parfois un intérêt. Je conseille deux solutions : d’une part la classification thématique (pouvoir retrouver les billets par sujet), d’autre part la mise en exergue des meilleurs billets (le "choix de l’éditeur", les "billets les plus commentés", etc.).

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