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Orchestrer un nettoyage éditorial

L’énergie d’une entreprise a tendance à être focalisée sur la production. Le département communication reste souvent affairé par les « actualités », les « événements » et autres « campagnes ». Nettoyer les pages déjà existantes n’est, bien souvent, ni une priorité, ni une motivation.

Pourtant, un site web performant nécessite le crayon et la gomme !

Nettoyage éditorial : une activité indispensable au site web

Fraîcheur des données rime avec crédibilité. Une information défraîchie causera une perte de confiance envers tout votre système d’information. Une rubrique délaissée, si elle a le malheur d’être le point d’entrée d’un utilisateur, déteindra sur l’ensemble de votre site.

Avec cette circonstance aggravante : les pages anciennes ont tendance à être bien référencées, souvent mieux que les pages récentes, à l’exception des recherches liées à l’actualité. Ceci s’explique notamment par l’accumulation, au fil du temps, de liens entrants vers les anciennes pages.

Le degré de défraîchissement éditorial va d’une fine couche de poussière à un plafond qui s’écroule. Dans l’ordre décroissant de gravité :

  • Une information qui ne fonctionne plus (ex : un lien brisé, si fréquent).
  • Une information incorrecte (ex : un chiffre dépassé).
  • Une information incohérente avec le reste du site (pas fausse pour autant)
  • Une information terminée (ex :un événement qui a déjà eu lieu).
  • Une information qui n’est plus une priorité (ex : un argument produit qui n’est plus décisif).
  • Une information qui sonne vieillote (ex : un mot de vocabulaire qui a évolué).

Songez à 4 flux opératoires :

  1. Actualiser : notamment nécessaire lorsqu’il est fait mention de chiffres, de noms de personnes, de liens externes ou de coordonnées susceptibles d’évoluer. Faites comme chez Carrefour : nommez des chefs de rayon (des chefs de rubrique, dans le cas présent) qui seront responsables de contrôler la fraîcheur de leurs denrées.
  2. Archiver : c’est la solution « soft », on garde l’information, on la place en retrait. Veillez dans ce cas à adopter un mode d’accès efficace vers les archives (l’accès thématique ou par mot clé présente davantage d’intérêt que le classement chronologique, souvent inopérant). Rendez la recherche dans les archives optionnelle si vous avez un moteur de recherche interne, de manière à éviter que ces archives ne polluent votre système d’information.
  3. Supprimer : voilà un acte bien courageux qui peut faire grand bien à votre édifice éditorial. Soyez prévenus : il y aura toujours dans l’assemblée un juriste ou un historien dans l’âme prêt à défendre le statut d’une page insignifiante. N’oubliez jamais que cette page encombre votre système d’information. À force de défendre les petits poissons, vous allez noyer les gros : ceux que 90% de vos visiteurs sont venus chercher !
  4. Améliorer : voilà un workflow bien intéressant que de nombreuses entreprises négligent. Une page peut naturellement être améliorée au fil du temps. Le test de variantes d’interfaces, notamment, permet d’optimiser l’efficacité d’une page web. Sans aller jusque là, lorsque vous revenez, avec le recul, sur une page publiée il y a 6 mois, il vous vient souvent des idées d’amélioration.

Pensez aux contenus « froids » ! Nous l’avons souligné plus haut, l’entreprise a tendance à focaliser son attention sur les contenus « chauds » à produire, souvent en tête de planning par la pression des échéances : l’approche d’un événement, la sortie de la newsletter, etc. Les actualités, une fois archivées, perdent de la valeur, tandis que certains contenus froids peuvent garder une grande utilité et générer des visites en permanence. La liste des numéros de téléphone des services communaux ne mérite-t-elle pas une attention égale, voire supérieure, aux actualités de la commune ?

Datez l’information, en règle générale. Vous permettrez au moins aux utilisateurs d’en jauger la fraîcheur. L’argument classique « Oui, mais si la date est vieille, que vont penser les gens ? » est d’une hypocrisie grossière. Assumons la qualité de notre système d’information, je vous prie.

Certains outils de gestion de contenu (CMS) facilitent la tâche en vous permettant de trier ou filtrer les pages de votre site en fonction de leur date de création ou de dernière modification. Les alertes de contrôle de contenu peuvent également être automatisées.

Au moment de créer une page, il peut être utile de déjà définir la fréquence optimale de contrôle de qualité de cette page. Certaines pages nécessiteront une mise à jour quotidienne ; d’autres, un contrôle beaucoup plus espacé, en fonction de la nature du contenu.

Chaque page de votre site devrait être contrôlée au moins une fois par an ! Voilà donc une action que vous pouvez d’ores et déjà inscrire à votre planning. Trop lourd ? Trop embêtant ? Dans ce cas, vous vous déresponsabilisez fameusement.

Les intranets aussi sont concernés, bien évidemment. Et même davantage, pour une double raison : d’une part, la quantité d’information disponible a tendance à être supérieure sur l’intranet que sur le site public ; d’autre part, les contributeurs de contenu sont plus vigilants en communication externe. Pourtant, l’intranet est un outil de travail qui mérite un entretien.

Décentraliser la responsabilité des contenus reste une solution, pour ne pas placer toute cette responsabilité sur les épaules d’une seule personne. Qui d’autre que le responsable mayonnaise est mieux à même de juger de la qualité des informations sur la mayonnaise ?

Les statistiques de trafic vous aideront à éclairer la situation. Quelles sont les pages anciennes qui génèrent beaucoup de trafic ? Mieux vaut les identifier, car elles constituent des priorités, en matière de mise à jour, en vertu de leur fréquentation.

Managers, valorisez le nettoyage, et pas seulement la production ! En règle générale, les métiers du nettoyage sont dévalorisés, mais ils sont absolument nécessaires, sous peine de produire un environnement invivable. Et surtout – c’est notre conseil numéro un à l’issue de cet article – intégrez le nettoyage éditorial parmi les tâches à planifier, avec un budget-temps digne de ce nom. Pas faisable ? Alors il est temps de revoir votre offre éditoriale à la baisse !

Pour en savoir plus :

Commentaires des lecteurs

  • Commentaire by Sylvain — 20 novembre 2012

    Beau contre-pied à la tendance actuelle qui est effectivement tournée vers la production à tout prix pour être le plus « frais » possible. C’est rare de lire des choses sur le pendant nécessaire : la gestion de l’obsolescence. Nécessaire mais pas forcément simple. Tout ça se prépare, à tous les points de vue : éditorial, technique…
    Bravo.

  • Commentaire by Jean-Marc Hardy — 20 novembre 2012

    @ Sylvain : Merci… content que nous soyons sur la même longueur d’onde 😉

  • Commentaire by michdup — 25 novembre 2012

    Les articles « chauds » étant par essence éphèmère, un fond avec quelques articles intemporels sont une garantie sur le long terme de conserver sa visibilité (et cela n’est pas du qu’aux liens entrants accumulés)

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