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Une étoile dans la galaxie

Les sites web institutionnels ont la particularité de s’inscrire dans de très vastes écosystèmes. Des univers d’information tellement étendus qu’il arrive souvent que leurs limites ne soient ni répertoriées ni connues. Comment s’inscrire dans la galaxie éditoriale du secteur public en évitant la cannibalisation ?

Un webmaster aura généralement une vision assez précise de son propre site web et des quelques sous-domaines en lien avec son site, mais il est rare qu’il connaisse tout l’écosystème des sites institutionnels qui œuvrent dans des thématiques similaires. À d’autres échelons de l’administration, il existe pourtant souvent des initiatives complémentaires, voire concurrentielles et redondantes. Étant donné que le maillage (les liens entre pages web) influence positivement le référencement et que le contenu dupliqué (redondance d’information) peut l’influencer négativement, il est évident qu’une meilleure compréhension de l’écosystème et une coordination plus consciente de l’ensemble des acteurs institutionnels pourraient soutenir la stratégie de référencement du secteur public.

L'écosystème des sites web institutionnels comparé à une galaxie

Un télescope est parfois nécessaire pour inventorier la galaxie de contenu institutionnel
Source de l’image : Pixabay

 

Par écosystème, nous parlons des sites qui dépendent d’une même institution. Par exemple, le portail de l’environnement, mais aussi le site web qui recense les parcs de la ville, le site qui traite des permis d’environnement, celui qui gère les données du sol, etc. Mais nous parlons aussi de sites qui dépendent d’autres institutions ou pouvoirs territoriaux, ou qui sont des consortiums. Par exemple, le site qui gère les déchets au niveau régional, le site dédié à promouvoir le bâtiment durable, etc. Tout un arsenal d’information en lien avec l’environnement. Et cet écosystème comprend également les applications, les réseaux sociaux, les bases de données de documents, etc.

En définitive, l’écosystème de la communication institutionnelle peut englober chaque échelon du service public, à savoir :

  1. Le niveau mondial (ex. : l’UNESCO)
  2. Le niveau européen (ex. : la Commission européenne)
  3. Le niveau national (ex. : les SPF en Belgique ou les ministères français)
  4. Le niveau régional (ex. : les Conseils généraux français ou les sites des Régions en Belgique)
  5. Le niveau local (ex. : les villes et les communes)
  6. Le niveau parastatal ou semi-public (ex. : le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles)

 

La thématique de l'environnement est traitée à chaque échelon du secteur public

Une même thématique, comme l’environnement, concerne chaque niveau de pouvoir.
Source de l’image : Claudia Hinz chez Pixabay

 

Au sein des institutions, ce sont les services informatiques qui ont généralement une vision plus précise de l’écosystème, étant mandatés pour la gestion de l’espace serveur et de la sécurité.

Il nous est arrivé de répertorier plusieurs comptes de réseaux sociaux sur une même plateforme pour un même organisme. Ou de découvrir, au fil de l’analyse, que d’autres sites, au sein de la même institution, abordent déjà les thématiques que nous nous apprêtons à couvrir. Ou simplement d’être confrontés, lors d’un projet de refonte, à un écosystème de dimension galactique. Surgissent alors les questions : faut-il fusionner les comptes des réseaux sociaux ? Faut-il repositionner les lignes éditoriales vers des audiences mieux ciblées ? Faut-il fusionner les sites thématiques connexes et tout consolider sur un seul site ? Faut-il maintenir les sites satellites spécialisés ou les englober dans un vaisseau amiral ? Et, quelle que soit la stratégie, comment gérer le risque de cannibalisation qui en découle ?

 

Il était une fois… une institution courageuse

Dernièrement, nous avons effectué une mission de consultance pour une institution bruxelloise dans le domaine de l’environnement et du développement durable. L’objectif était d’évaluer la plus-value d’un site web au regard de son écosystème.
Au terme de notre analyse, nous avons conclu que le site web concerné apportait peu de valeur au regard des sites déjà existant, et surtout qu’il échouait à générer du trafic et une visibilité dans les moteurs de recherche.
L’administration concernée a décidé de stopper les investissements dans ce projet et de se concentrer sur un autre site, qui, lui, obtenait de bons retours.
En tant que consultants, mais aussi en tant que citoyens soucieux de la bonne utilisation de l’argent public, nous soutenons ce type de décision aussi courageuse que pertinente.

Vous l’avez compris, il est important de connaître l’écosystème de manière plus précise pour inscrire la refonte dans une vision plus large et rationaliser les ressources.

Une bonne connaissance de l’écosystème éditorial permet de :

  • rationaliser les ressources (ex : fusion de deux sites web inutilement en concurrence) ;
  • privilégier le SEO d’un site plutôt qu’un autre (quand il y a redondance et qu’une fusion n’est pas envisageable) ;
  • orchestrer une campagne de « netlinking » afin d’améliorer le référencement ;
  • promouvoir mutuellement les sites du secteur public (outils, applications, guides, etc.) ;
  • coordonner la communication sur les thématiques transversales, cogérées par plusieurs institutions.

 

Les questions à se poser

Si vous intervenez pour un site institutionnel en ligne, pensez à effectuer un inventaire éditorial digne de ce nom et à explorer les questions suivantes :

  1. Quels sont tous les sites web que l’institution possède ?
  2. Quels sont tous les sous-domaines ?
  3. Quelles sont toutes les bases de données et applications en ligne ?
  4. Quels sont les comptes ouverts dans tous les réseaux sociaux ?
  5. Quelles sont les autres institutions qui communiquent sur le même thème ?
  6. Quels sont les acteurs privés et associatifs présents sur notre thématique ?
  7. Quels sont les sites les mieux référencés dans notre écosystème ?
  8. Quels partenariats semblent naturels pour amplifier notre présence ?

Quel que soit le niveau de pouvoir pour lequel nous œuvrons (européen, national, régional ou local), ce sont ces mêmes questions qui nous orientent vers une refonte consciente de l’écosystème dans lequel elle s’insère.


Yellow Dolphins travaille depuis 25 ans aux côtés des institutions publiques
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