Les sites web institutionnels ont la particularité de s’inscrire dans de très vastes écosystèmes. Des univers d’information tellement étendus qu’il arrive souvent que leurs limites ne soient ni répertoriées ni connues. Comment s’inscrire dans la galaxie éditoriale du secteur public en évitant la cannibalisation ?
Un webmaster aura généralement une vision assez précise de son propre site web et des quelques sous-domaines en lien avec son site, mais il est rare qu’il connaisse tout l’écosystème des sites institutionnels qui œuvrent dans des thématiques similaires. À d’autres échelons de l’administration, il existe pourtant souvent des initiatives complémentaires, voire concurrentielles et redondantes. Étant donné que le maillage (les liens entre pages web) influence positivement le référencement et que le contenu dupliqué (redondance d’information) peut l’influencer négativement, il est évident qu’une meilleure compréhension de l’écosystème et une coordination plus consciente de l’ensemble des acteurs institutionnels pourraient soutenir la stratégie de référencement du secteur public.

Un télescope est parfois nécessaire pour inventorier la galaxie de contenu institutionnel
Source de l’image : Pixabay
Par écosystème, nous parlons des sites qui dépendent d’une même institution. Par exemple, le portail de l’environnement, mais aussi le site web qui recense les parcs de la ville, le site qui traite des permis d’environnement, celui qui gère les données du sol, etc. Mais nous parlons aussi de sites qui dépendent d’autres institutions ou pouvoirs territoriaux, ou qui sont des consortiums. Par exemple, le site qui gère les déchets au niveau régional, le site dédié à promouvoir le bâtiment durable, etc. Tout un arsenal d’information en lien avec l’environnement. Et cet écosystème comprend également les applications, les réseaux sociaux, les bases de données de documents, etc.
En définitive, l’écosystème de la communication institutionnelle peut englober chaque échelon du service public, à savoir :

Une même thématique, comme l’environnement, concerne chaque niveau de pouvoir.
Source de l’image : Claudia Hinz chez Pixabay
Au sein des institutions, ce sont les services informatiques qui ont généralement une vision plus précise de l’écosystème, étant mandatés pour la gestion de l’espace serveur et de la sécurité.
Il nous est arrivé de répertorier plusieurs comptes de réseaux sociaux sur une même plateforme pour un même organisme. Ou de découvrir, au fil de l’analyse, que d’autres sites, au sein de la même institution, abordent déjà les thématiques que nous nous apprêtons à couvrir. Ou simplement d’être confrontés, lors d’un projet de refonte, à un écosystème de dimension galactique. Surgissent alors les questions : faut-il fusionner les comptes des réseaux sociaux ? Faut-il repositionner les lignes éditoriales vers des audiences mieux ciblées ? Faut-il fusionner les sites thématiques connexes et tout consolider sur un seul site ? Faut-il maintenir les sites satellites spécialisés ou les englober dans un vaisseau amiral ? Et, quelle que soit la stratégie, comment gérer le risque de cannibalisation qui en découle ?
Dernièrement, nous avons effectué une mission de consultance pour une institution bruxelloise dans le domaine de l’environnement et du développement durable. L’objectif était d’évaluer la plus-value d’un site web au regard de son écosystème.
Au terme de notre analyse, nous avons conclu que le site web concerné apportait peu de valeur au regard des sites déjà existant, et surtout qu’il échouait à générer du trafic et une visibilité dans les moteurs de recherche.
L’administration concernée a décidé de stopper les investissements dans ce projet et de se concentrer sur un autre site, qui, lui, obtenait de bons retours.
En tant que consultants, mais aussi en tant que citoyens soucieux de la bonne utilisation de l’argent public, nous soutenons ce type de décision aussi courageuse que pertinente.
Vous l’avez compris, il est important de connaître l’écosystème de manière plus précise pour inscrire la refonte dans une vision plus large et rationaliser les ressources.
Une bonne connaissance de l’écosystème éditorial permet de :
Si vous intervenez pour un site institutionnel en ligne, pensez à effectuer un inventaire éditorial digne de ce nom et à explorer les questions suivantes :
Quel que soit le niveau de pouvoir pour lequel nous œuvrons (européen, national, régional ou local), ce sont ces mêmes questions qui nous orientent vers une refonte consciente de l’écosystème dans lequel elle s’insère.
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