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Garanti 10 ans ! – Comment un site web résiste au temps ?

La qualité d’un vêtement se mesure à sa capacité à traverser quelques années sans perdre allure. La qualité d’un bâtiment se vérifie surtout… 5 ou 10 ans plus tard ! Il en va de même pour les sites web. Rien de plus décourageant que d’obtenir des critiques juste après une refonte. Alors, comment faire pour que le site web de votre institution résiste au temps ?

 

Sommaire de l’article

  1. Misez sur les contenus froids
  2. Canalisez les pressions politiques
  3. Résistez aux effets de mode
  4. Enlevez régulièrement la poussière
  5. Choisissez un CMS pérenne
  6. Testez votre site en amont

Misez sur les contenus froids

Nous définissons un contenu « chaud » comme étant lié à l’actualité. Les Américains parlent d’ailleurs volontiers de « hot news », qui n’ont rien de pornographique, rassurez-vous. Quelques exemples de contenus chauds : le fil de brèves, les actualités, les évènements, les communiqués de presse, le direct, etc.

Les contenus froids, quant à eux, sont moins liés à l’actualité. Ils gardent un pouvoir d’information permanent, moins limité dans le temps. Quelques exemples de contenus froids : les fiches pratiques, les dossiers thématiques, les tutoriels, les services en ligne, les infographies explicatives, etc.

Prenons l’exemple des villes et communes. 80% des visiteurs viennent y chercher des informations précises. À l’unanimité, lors des tests utilisateurs, ils nous font comprendre que les contenus chauds ne les intéressent pas. Ils veulent surtout pouvoir accéder efficacement aux données qui leur sont utiles.

Ainsi, les actualités communales restent souvent très anecdotiques au regard des informations permanentes : horaires de la maison communale, rotation des pharmacies de garde, relevé des déchets ménagers, etc. Non pas que nous voulions déconsidérer le reportage de la dernière kermesse ni la nomination du vice-président, mais tout de même, il y a des priorités utilisateurs.

Carte interactive des écoles de Montbelliard

Une carte interactive des écoles maternelles de la ville de Montbéliard. Voilà de quoi contenter des centaines de parents chaque année, et construire un référencement durable. Un bel exemple de contenu froid local.

 

De nombreux arguments plaident en faveur des contenus froids :

  • Du trafic à long terme : Les contenus froids présentent un intérêt à long terme. Même très ciblés, ils ont l’avantage de pouvoir accumuler le trafic. Ils permettent de capter ce que nous appelons la longue traîne du référencement. C’est-à-dire que même sur des recherches de niche où le trafic est faible à la journée, l’accumulation de ce trafic finira par compter.
  • Des pages plusieurs fois visitées : Il n’y a pas beaucoup de raison de relire une actualité. Une fois archivée, la « news » perd sa valeur. Un peu comme une salade de fruits. C’est bon quand c’est frais, mais ça ne tient pas la distance. En revanche, un contenu froid pourra susciter l’intérêt d’un même visiteur à plusieurs reprises.
  • Des liens entrants accumulés : C’est un grand atout SEO des contenus froids. Au fil du temps, ils amassent les liens entrants, qui sont un des principaux leviers du référencement. Une actualité, plus éphémère, est beaucoup moins à même de générer des backlinks.
  • Le bénéfice de l’ancienneté : Par leur côté pérenne, les contenus froids bénéficient, avec le temps, du facteur « ancienneté », qui reste également un atout SEO. Les moteurs de recherche accordent du crédit à une page qui traverse le temps.

Canalisez les pressions politiques

L’administration persiste dans le temps, tandis que les politiques alternent.

Cependant, dans une démocratie, les sites administratifs sont la vitrine naturelle des politiques.

Au niveau des sites web, cela implique une véritable réflexion : comment donner toute sa place au politique, sans bouleverser pour autant l’éventail des services mis en place par l’administration ?

La plupart du temps, nous recommandons :

  • une architecture thématique stable (correspondant aux missions officielles de l’administration et permettant un référencement efficace dans la durée, ainsi que le respect des habitudes des utilisateurs) ;
  • un espace attractif pour la communication des décisions et enjeux politiques (mais qui ne pollue pas la qualité du dispositif de service au citoyen).

Bien entendu, certaines décisions politiques majeures sont parfois susceptibles de bousculer la structure, voire l’existence, d’une administration. Mais cela ne devrait pas se produire trop facilement.

Nous invitons les responsables du web dans le secteur public à conscientiser les hommes et les femmes politiques de l’impact d’un changement sur le référencement (SEO) et l’expérience utilisateur (UX) d’un site web, de manière à éviter les dégâts générés par des politiques impulsives.

Le mot du maire sur la page d'accueil

Ci-dessus, le site municipal de Baie-des-Sables, au Québec, octroie l’espace stratégique de la page d’accueil à un discours du maire. La navigation démarre par les rubriques « Historique », « Profil municipal » et « Élus et employés ». Les services pratiques sont relégués à l’arrière-plan.

La ville d'Adstock au Québec

De nombreux autres sites municipaux, au Québec, ont compris qu’il est bien plus efficace de faire remonter l’information orientée utilisateur. C’est le cas, par exemple, du site de la ville d’Adstock, qui affiche au premier plan l’agenda des loisirs ou les formulaires de demande de permis.

Résistez aux effets de mode

Lorsque vous investissez dans un nouveau site web, veillez à ce que toute l’énergie et le budget dépensés en vaillent la chandelle. Il faut bien avouer que certaines refontes ressemblent à un petit coup de pinceau pour redonner au site web une impression de modernité. Dans le milieu de la conception des sites web, les effets de mode sont nombreux et permanents. Chaque année, vous serez assaillis par des « tendances incontournables », vantées par les consultants ou les agences, qui en bénéficient au premier plan. Personne n’a envie d’être ringard ou dépassé, de sorte qu’il est tentant de se laisser convaincre.

Les effets de mode touchent plusieurs registres :

  • les tendances en matière d’architecture (ex. : « il faut plonger l’utilisateur dans une expérience immersive, les menus, c’est dépassé ! »)
  • les tendances graphiques (ex. : « Il vous faut de l’écodesign ! »)
  • les tendances fonctionnelles (ex. : « Il vous faut un chatbot et un mégamenu ! »)
  • les tendances techniques (ex. : « Il vous faut une version AMP du site, pour les mobiles ! »)

Les services que Google a fermés

Chaque année, Google abandonne d’anciennes fonctionnalités dans lesquelles les entreprises ont parfois investi beaucoup d’énergie. Miser sur les effets d’annonce est presque aussi risqué que de jouer en bourse. À tel point que certains sites s’amusent à collectionner les produits que Google a envoyés au cimetière. Consultez, par exemple : killedbygoogle.com.

 

STOP !, respirez et ramenez votre attention sur les valeurs sûres d’un site web, celles qui ne varient pas avec le temps :

  • un contenu original et consistant ;
  • une information bien organisée ;
  • une interface simple et épurée ;
  • des visuels au service du contenu ;
  • des interactions intuitives auxquelles les internautes sont habitués.

Enlevez régulièrement la poussière

De nombreuses entreprises ont perdu le contrôle sur leur masse éditoriale. C’était déjà le cas il y a 10 ans, et le tsunami de l’intelligence artificielle ne fait que renforcer la surproduction et l’infobésité. C’est pourquoi, à contre-courant de la frénésie productive, nous encourageons à vous concentrer sur les techniques de rationalisation.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Les capacités suivantes sont cruciales, à nos yeux, pour garder la maîtrise du capital éditorial de votre institution :

  1. Faire l’inventaire qualifié des contenus
  2. Évaluer la valeur éditoriale (notamment basée sur le SEO)
  3. Recycler vos contenus à succès (plutôt que de créer des contenus concurrents)
  4. Mettre en place une gouvernance réaliste… et un workflow de nettoyage éditorial !

Réinvestir sur l’existant reste une excellente stratégie SEO. En actualisant un contenu sans en changer l’URL, vous donner un signal de fraîcheur aux moteurs de recherche, tout en capitalisant les liens entrants vers cette URL, que vous allez accumuler au cours du temps. Le moteur de recherche n’aura pas à hésiter entre plusieurs pages possibles.

Autocannibalisation SEO

Ci-dessus, le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail produit des contenus qui se positionnent sur des titres très similaires. Une autocannibalisation qui demande à être rationalisée.

 

Lors de la publication d’un nouveau contenu, votre plan de gouvernance éditoriale devrait inciter à vérifier que :

  • le nouveau contenu n’est pas redondant avec un contenu déjà existant ;
  • le nouveau contenu ne se positionne pas sur un TITLE trop proche d’un contenu déjà existant.

Abstenez-vous de rajouter des couches aveuglément et réservez du temps pour l’actualisation et l’éventuelle dépublication des anciens contenus.

À défaut de prendre toutes ces précautions, vous risquez de perdre le contrôle sur votre contenu. Ce qui résulte souvent en une refonte sanglante, où le bébé est jeté avec l’eau du bain. Un peu comme dans un déménagement où, en raison du désordre dans lequel nous n’avons pas le courage de plonger, quelques bijoux se retrouvaient par mégarde à la poubelle.

Une masse éditoriale devenue ingérable résultera aussi en des contenus que vous n’avez plus la capacité d’actualiser. Le trafic qui continue d’atterrir sur ces contenus obsolètes cause du tort à l’image de votre institution.

Les Yellow Dolphins jouent les Ghostbusters du web.
Nous nous sommes spécialisés dans le nettoyage éditorial
et le rangement des masses de contenu accumulées par les institutions publiques

Choisissez un CMS pérenne

Parfois, l’institution produit du bon contenu, mais c’est le véhicule qui doit tenir la route… traduisez : votre CMS (Content Management System) doit pouvoir être évolutif, face à la technologie web, qui progresse constamment.

On comprend parfaitement bien qu’une administration publique veuille rester indépendante et neutre au regard des sociétés privées, mais elle ne devrait pas pour autant s’embourber dans des développements « maison » qui, en définitive, peuvent générer beaucoup de difficultés et d’impasses informatiques accompagnées, paradoxalement, d’une grande dépendance au fournisseur.

Pour assurer la pérennité de votre infrastructure informatique, nous vous conseillons de choisir un CMS qui réponde aux caractéristiques suivantes :

  • Une large communauté, très active, et un bon support technique (avec, notamment des forums où il est possible d’obtenir des réponses aux problèmes rencontrés).
  • Des mises à jour régulières (attestant de la capacité du CMS à s’adapter aux normes, réagir aux failles de sécurité et intégrer les nouvelles opportunités fonctionnelles).
  • Ouverture et standardisation (un CMS basé sur des normes ouvertes et standardisées a plus de chances de s’intégrer facilement à d’autres systèmes, de garantir la portabilité des données et d’encourager le développement d’extensions utiles par la communauté des développeurs).

En respectant ces critères, vous minimiserez le risque d’obsolescence de votre outil de gestion de contenu web.

Un coup d’œil sur les statistiques ci-dessous vous permettra de remarquer que, pour les raisons évoquées, ce sont les CMS Open Source (WordPress, Joomla, Drupal, etc.) qui dominent aujourd’hui le marché.

Ci-dessus, un aperçu des CMS les plus utilisés en France, en 2024.
Notez que dans le secteur public, Joomla et Drupal sont davantage présents.
Le CMS Typo3 reste également utilisé dans certaines administrations.

Testez votre site en amont

Même si vous êtes attentifs aux bonnes pratiques du UX design, même si vous vous êtes entourés de consultants expérimentés, vous n’échapperez pas à la nécessité d’un test utilisateur. Se confronter à la réalité du terrain est toujours secouant, mais extrêmement bénéfique. C’est une étape indispensable si vous voulez éviter de voir remonter des problèmes dans les 6 premiers mois qui suivent la refonte.

Les cinq scénarios à éviter à tout prix (oui, oui, ils sont encore fréquents) :

  1. Ne pas tester le site web
  2. Tester ou auditer l’ancien site web, mais pas le nouveau
  3. Faire tester le site web par l’entreprise qui le conçoit
  4. Tester le site web uniquement avec des utilisateurs internes
  5. Tester le site web en fin de projet, sans budget pour apporter des correctifs

Test utilisateur d'une arborescence de site web - yellowdolphins.com

Un test utilisateur de l’arborescence permet d’identifier les principaux obstacles dans le parcours utilisateur, de corriger les libellés problématiques et d’adopter une classification plus intuitive.

 

Les questions à se poser

Si vous souhaitez que votre site institutionnel traverse le temps, pensez à aborder les questions suivantes :

  1. La conception de notre site web repose-t-elle sur de possibles effets de mode, qui risquent de ne pas résister au temps ?
  2. La majeure partie de notre énergie éditoriale est-elle investie dans des contenus froids, dont la valeur va persister ?
  3. La stabilité de notre dispositif web est-elle régulièrement chahutée par des politiques intempestives ?
  4. Avons-nous mis en place une gouvernance éditoriale, qui nous permet de maintenir la valeur de nos contenus ?
  5. Avons-nous choisi un CMS pérenne, porté par une large communauté ?
  6. Avons-nous prévu de tester le nouveau site avant son lancement ?

Quel que soit le niveau de pouvoir pour lequel nous œuvrons (européen, national, régional ou local), ce sont ces mêmes questions qui nous orientent vers une architecture d’information durable.


Yellow Dolphins travaille depuis 25 ans aux côtés des institutions publiques
Vous trouverez ici nos références clients

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